Chasse à la palombe : pourquoi le pigeon envahit la France (et ce que ça change vraiment)

chasse à la palombe ou pigeon ramier
chasse à la palombe ou pigeon ramier
On pense connaître le pigeon ramier. Pourtant, son comportement a radicalement changé en quelques décennies. Moins migrateur, plus présent, parfois envahissant… la palombe redéfinit aujourd’hui les équilibres entre nature, agriculture et chasse.
Mis à jour le 22 octobre 2026

La chasse à la palombe occupe une place à part dans la tradition cynégétique française. Chaque automne, des milliers de chasseurs attendent le passage du pigeon ramier, notamment dans le Sud-Ouest. Mais depuis plusieurs années, un phénomène change la donne : la palombe n’est plus seulement cet oiseau migrateur que l’on observe lors des grands passages d’octobre. Elle est aussi de plus en plus présente toute l’année dans de nombreuses régions françaises.

Pourquoi y a-t-il de plus en plus de palombes en France ?

La présence croissante du pigeon ramier en France s’explique notamment par l’importance des populations sédentaires, l’abondance des ressources alimentaires et des conditions hivernales plus favorables. Champs de maïs et de céréales, glands, jeunes pousses ou encore espaces urbains offrent à la palombe de nombreuses possibilités pour se nourrir et s’installer durablement.

Pour autant, la migration des palombes n’a pas disparu. Chaque automne, d’importants flux de pigeons ramiers venus du nord et du centre de l’Europe traversent encore la France pour rejoindre leurs zones d’hivernage, notamment dans la péninsule Ibérique.

Cette coexistence entre palombes migratrices et populations sédentaires explique en partie pourquoi le pigeon ramier semble aujourd’hui omniprésent. Et cette évolution n’est pas sans conséquences : elle modifie les habitudes de l’espèce, exerce localement une pression sur certaines cultures et fait également évoluer la chasse à la palombe.

La palombe en France : entre migration et sédentarisation

Il y a encore quelques années, observer des vols massifs de palombes relevait presque du spectacle saisonnier. Aujourd’hui, l’oiseau semble partout. Champs, forêts, plaines agricoles… le pigeon ramier s’est imposé comme l’une des espèces les plus visibles — et parfois les plus problématiques — du territoire français.


Quelle différence entre une palombe et un pigeon ramier ?

Palombe et pigeon ramier désignent exactement le même oiseau : Columba palumbus. Le terme « palombe » est particulièrement utilisé dans le Sud-Ouest de la France, où cet oiseau occupe une place importante dans les traditions cynégétiques. Il ne faut toutefois pas confondre le pigeon ramier avec les autres espèces de pigeons, notamment le pigeon biset et le pigeon colombin.


Ce que l’on ne vous dit pas sur la palombe

Longtemps associée aux grandes migrations d’automne, la palombe présente aujourd’hui des comportements différents selon les populations. Si d’importants passages migratoires sont toujours observés chaque année, une partie des pigeons ramiers reste désormais présente en France toute l’année.

Plusieurs facteurs peuvent favoriser cette présence permanente :

  • Des hivers relativement doux, qui permettent à certains oiseaux de trouver des conditions favorables sans entreprendre de longs déplacements.
  • Des ressources alimentaires disponibles, notamment dans les zones agricoles, les forêts et les espaces périurbains.

Ainsi, populations migratrices et populations sédentaires coexistent sur notre territoire, ce qui contribue à expliquer la présence régulière de la palombe dans de nombreuses régions françaises.


Des populations en explosion

En France, le pigeon ramier a connu une progression notable de ses populations nicheuses sur plusieurs décennies, même si cette évolution varie selon les régions et les périodes étudiées. Sa capacité d’adaptation aux milieux agricoles, forestiers et urbains contribue à expliquer sa présence dans une grande diversité d’habitats.


Une pression réelle sur certaines cultures

Blé, maïs, colza, tournesol, pois… Le pigeon ramier exploite une grande diversité de ressources alimentaires, aussi bien dans les milieux agricoles que forestiers.

Lorsque les oiseaux se concentrent en nombre sur certaines parcelles, notamment aux périodes sensibles pour les cultures, les dégâts peuvent devenir importants et entraîner des pertes économiques pour les exploitants.

La gestion de ces populations constitue donc un enjeu local, qui doit tenir compte des réalités agricoles, de l’état des populations et de la réglementation applicable.


Une chasse qui évolue elle aussi

Face à cette transformation, la chasse du pigeon change de dimension.

Moins centrée uniquement sur les grandes migrations, elle s’adapte désormais à des populations locales installées toute l’année.

Et certaines destinations illustrent parfaitement cette évolution.

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Pourquoi l’Irlande attire de plus en plus de chasseurs ?

S’il existe encore des territoires où la chasse du pigeon offre une expérience intense, l’Irlande s’impose comme une référence.

Là-bas, la chasse se pratique principalement au poste, avec formes et appelants, directement sur les zones agricoles.
Les oiseaux, très présents, offrent des passages réguliers et dynamiques.

Les périodes les plus intéressantes ?

  • mi-janvier à mi-février
  • de juin à fin août, pendant les récoltes

Avec des territoires étendus — parfois jusqu’à 60 000 hectares — et une forte densité d’oiseaux, l’expérience est radicalement différente de celle que l’on connaît aujourd’hui en France.

À LIRE ÉGALEMENT Découvrez nos séjours de chasse du pigeon en Irlande


Mais ce que peu de chasseurs réalisent vraiment…

Ce changement n’est pas seulement cynégétique.
Il reflète une transformation plus profonde de notre environnement.

Climat, agriculture, biodiversité : la palombe est devenue un indicateur.


Conclusion : la palombe, un oiseau qui s’adapte

La palombe, ou pigeon ramier, occupe aujourd’hui une place importante dans les paysages français. Entre populations migratrices et oiseaux présents toute l’année, cette espèce témoigne de l’évolution des milieux agricoles, forestiers et urbains.

Pour les chasseurs comme pour les naturalistes, comprendre ses déplacements, son alimentation et son comportement permet de mieux appréhender les changements qui touchent nos territoires.

Et si, au-delà de la chasse, observer la palombe nous aidait aussi à mieux comprendre l’évolution de notre environnement ?

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